Cela faisait des années que je cherchais à voir Miossec sur scène, moi le fan de sa trilogie Boire / Baiser et A prendre (1995-97-98) mais on m’avait prévenu que c’était la roulette avec lui, soit génial, soit bourré… Or, depuis qu’un neurologue lui a découvert une maladie génétique, la sentence est tombée : plus une goutte d’alcool sous peine de finir ses jours en fauteuil roulant… Un mal pour son bien… De plus depuis qu’il a enfin trouvé l’amour, l’homme semble apaisé… C’est donc mon billet de TGV en poche et ma petite famille avec moi que j’ai rejoint de la famille résidant à Angers pour aller le voir au Chabada. Et là c’est la claque, Miossec plus émacié que jamais (affûté en jargon sportif) a mis le feu à la salle de concert d’Angers durant plus d’1h30, mélangeant nouveaux titres de son album Chanson Ordinaire et reprenant ses tubes des années 90… Alors quand pour le second et ultime rappel il nous gratifie d’un “les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement”, j’en perds ma voix… Un alcoolique repenti par nécessité qui vous chante cette chanson, ça file la chair de poule
Merci Miossec, Bashung est parti mais tout comme Dominique A, les piliers de la scène indé française restent plus que jamais d’actualité!! Au nouveau Casino de Paris cette semaine…
Déjà rallongée d’un mois, une expo à l’hôtel de ville de Paris d’un monument depuis plus d’un demi-siècle, celle des illustrations de Sempé… On a déjà tout raconté sur cet homme, alors courez-y avant que cela ferme le 31 mars au soir. Une patte surannée dès ses débuts mais tellement visionnaire, des personnages célèbres (le petit Nicolas) et des unes exportées aux EU (New Yorker depuis 1978); on sourit, on rit ou l’on éclate de rire devant ses oeuvres à l’aquarelle ou à l’encre de Chine… Tous les thèmes ont été abordés, qu’ils soient poétiques, ésotériques ou la bêtise et l’absurdité des hommes mais au final on sort avec le sourire aux lèvres

Le verdict final vient de tomber, perpète pour Douch, le chef de Tuol Sleng plus connu sous le nom de S21, la plus grande machine de mort de ses dernières années…
Les chiffres n’ont plus de signification quand on annonce que 15000, 20 000 personnes (?) ont été torturées puis exécutées car la découverte de charniers dans les alentours de Phnom Penh ne saurait refléter la réalité de ces années d’horreur (1975-79).
On a aussi parlé « d’auto-génocide », l’être humain ayant la sale manie de tout vouloir classifier ; il y-a eu les Arméniens, les Juifs, les Tutsis mais que dire pour les Cambodgiens ?… Ce n’était pas supprimer une ethnie, un groupe religieux, mais le suicide d’un peuple qui a cru en quelques cadres fous, une sorte de Corée du Nord avant l’heure.
Actuellement en salle, l’excellent Rithy Panh après « S21 Machine de guerre », nous offre un second documentaire, Douch, « le maître des forges de l’enfer » passé la veille de sa sortie sur ARTE.
C’est violent, on reste chaos et l’absence de générique – musique de fin accentue le malaise, mais c’est tout ce qu’on demande de ces documentaires et Rithy Panh en est passé le maître, lui le rescapé du génocide, un devoir de mémoire.
Ayant visité ce site resté à l’identique au cœur de la capitale du Cambodge en 2009, j’avais été bouleversé ; imaginez plutôt votre école primaire transformée en centre de torture ; j’y ai vu des touristes fondrent en larmes en sortant de la visite; la haine vient souvent de l’intérieur comme quand une certaine Marine essaie de la faire sortir des zones sinistrées par le chômage et l’insécurité.
A relire aussi et le festival de la BD d’Angoulême nous le rappelle, la BD culte d’Art Spigelman, « MAUS » ; Art est pour l’occasion président du festival 2012 et sort un volume intitulé « Meta Maus ».
Le père Miossec après avoir résolu ses problèmes avec l’alcool repart sur les routes mais son dernier album n’a semble-t-il pas rallié les critiques et le succès…
J’ai hâte cependant de le voir car tristement célèbre pour ses concerts foirés suite à ses cuites mémorables, je n’ai jamais pris la peine de prendre ma place pour le voir.
Mais ce qui retient le plus l’attention c’est sa première partie, le talentueux Joseph d’Anvers qui atteint l’âge de maturité avec son dernier 3ième album Rouge Fer, lui qui malgré un succès somme toute plutôt contenu, est à l’origine du plus beau titre du hélas dernier album d’Alain Bashung, Bleu Pétrole (tant de nuits.)
Alors RV sur sa tournée et RV aussi au Chabada d’Angers le 11 février (oui je sais c’est loin de Paris mais quand on est fan
Bons concerts 2012!


